samedi 21 mars 2009

Gaston Miron - Ce monde sans issus

Pleure un peu, pleure ta tête, ta tête de vie,
dans le feu des épées de vent dans tes cheveux,
parmi les éclats sourds de béton sur tes parois,
ta longue et bonne tête de la journée,
ta tête de pluie enseignanteet pelures,
et callosités,
ta tête de mort,
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et ne pouvant plus me réfugier en Solitude,
ni remuer la braise dans le bris du silence,
ni ouvrir la paupière ainsi,
qu’un départ d’oiseau dans la savane,
que je meure ici au cœur de la cible,
au cœur des hommes et des horaires,
car il n’y a plus un seul endroit,
de la chair de solitude qu ne soit meurtri,
même les mots que j’invente,
ont leur petite aigrette de chair bleuie,
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souvenirs, souvenirs, maison lente,
un cours d’eau me traverse,
je sais, c’est la Nord de mon enfance,
avec ses mains d’obscure tendresse,
qui voletaient sur mes épaules,
ses mains de latitudes de plénitude,
et mes vingt ans et quelques dérivent,
au gré des avenirs mortes, mes nuquesdans le vide,
(Gaston Miron, L’homme rapaillé)

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